dimanche 23 novembre 2014

Vents solaires, orages magnétiques, la radio FM impactée le 30 octobre 2014 (France, centre et ouest)

Retour sur la journée du 30 octobre 2014, pendant laquelle les effets d'un orage magnétique (solar storm, solar wind) ont pu être observés en radio FM, sur toute la partie Ouest de la France. Il s'agit d'un évènement singulier que notre réseau de capteurs radio FMNET  a pu observer. Le réseau FMNET est déployé par la société CTIC depuis 20 ans. Il permet d'alerter les stations de radio et opérateurs techniques d'anomalies techniques sur 30% du réseau des émetteurs radio FM en France, au Maroc, et en outre mer (9000 émetteurs environ). Le service d'alerte et d'informations est commercialisé par la société CREACAST et accessible en ligne sur le site www.fmnet.org.

Les orages magnétiques ou tempêtes magnétiques ont pour origine des variations de l'activité solaire. Il s'agit essentiellement de particules (essentiellement des électrons et des protons) qui grâce à leur énergie considérable réussissent à se "détacher" du soleil et à se propager à des vitesses de l'ordre de 100km/s à 200km/s (la vitesse de la lumière est de 300 000 km/s). 

Au hasard de leur voyage cosmique, les particules peuvent notamment être "capturées" ou "guidées" par le champ magnétique terrestre et les couches gazeuses situées en haute altitude. L'interaction de ces particules avec des milieux présentant des particularités électriques, magnétiques ou les deux provoque des phénomènes qui retiennent l'attention : les aurores boréales en sont le témoin le plus visible, mais les phénomènes de perturbation radio à grande échelle le sont aussi et surprennent les spécialistes et professionnels qui traitent des questions radioélectriques. A tel point qu'à l'instar des organismes de météorologie, la Nasa communique des prévisions en matière de vent solaires qui intéressent les opérateurs satellites, les acteurs du GPS, l'aviation, les services militaires et accessoirement la radio et la télédiffusion.

Pour en revenir à ce jour là, le 30 octobre 2014, de nombreux ré-émetteurs en radiodiffusion FM situés sur la bordure ouest de la France ont été fortement perturbés par du bruit large bande dont la largeur de bande dépasse évidemment la largeur de la bande FM (88-108MHz). Plusieurs stations de radio FM se sont inquiétées pensant que notre système de supervision - FMNET - présentait une anomalie générale. Non, nos équipements de mesure ne sont pas devenus fous mais ont détecté à leur manière, les effets du vent solaire sur la réception radio FM, de Bordeaux à Nantes en passant par Orléans. La perturbation consiste en un bruit large bande, présent pendant quelques heures, dont champ est généralement inférieur au champ nécessaire pour recevoir convenablement une station de radio en FM. En revanche, le niveau du bruit induit par cet orage magnétique a été suffisamment important pour engendrer des perturbations dans le signal audio et surtout sur les voies de données RDS particulièrement vulnérables au bruit. Les réémetteurs FM de la région concernée, encore ont aussi été impactés.

Ci-dessous, une représentation parlante de l'effet du vent solaire sur la réception FM, et notamment sur la qualité de réception du signal RDS, contenu dans le signal bande de base FM (appelé Multiplex ou MPX).

SUD RADIO LESPARE 103.2 MHz

RADIO PREVERT PONTVALLAIN 93.9 MHz


RADIO CLASSIQUE BOURGES 95.9


MFM RADIO NANTES 88.8


FRANCE CULTURE ORLEANS 95.8


RADIO FIDELITE NANTES 103.8


MFM PORNIC 98.5


RADIO COTE D'AMOUR SAINT NAZAIRE 100.1




jeudi 24 janvier 2013

Olivier Schrameck, nouveau Président du CSA au sujet de la Radio Numérique

Olivier Schrameck, nouveau Président du CSA, au sujet de la Radio Numérique :

"S'agissant de la radio numérique, je mesure l'importance des obstacles, notamment d'un point de vue de la commodité, des capacités financières de l'usager, qui rendent sa perspective sans doute plus lointaine. Il me semble en tous cas que c’est dans les zones moins bien desservies aujourd’hui par la radio analogique, qu’il faut porter une attention privilégiée. Lutter contre la fracture numérique, suppose aussi de combattre la fracture audiovisuelle."

Propos tenus par M. SCHRAMECK le 23 janvier 2013, lors de son audition au Sénat. 


Selon moi, ces propos présagent enfin d'une vision, d'un sens, pour la radio de demain, intégrant ensemble, sans les exclure, sans les opposer, la radio analogique et la radio numérique.

A l'inverse des 10 dernières années où le CSA s'est évertué à imaginer la radio numérique en remplacement de la radio analogique, sans en modifier les zones d'implantation, Monsieur Schrameck évoque enfin une radio numérique qui viendrait en complément de la radio d'aujourd'hui, analogique.

A cette nouvelle manière de penser la radio, simple et moderne, je souscris assurément.
aperçu écouter-voir à 18'43"
Audition de Olivier Schrameck, candidat désigné aux fonctions de président du CSA

dimanche 19 février 2012

Observations techniques effectuées sur la diffusion du service RadioText en radio FM - RDS

Le service RDS RadioText est une technique permettant de diffuser, en RDS (Radio Data System) des informations textuelles, sous forme de messages successifs de 64 caractères associés à l'émission ou au morceau en cours de diffusion. L'essentiel du principe de diffusion du service RadioText en RDS est régit par la norme RDS (IEC 62106), page 25, §3.1.5.3.

Les observations présentées ci-dessous ont été établies à partir d'enregistrements RDS effectuées entre décembre 2011 et février 2012 grâce au réseau de capteurs FMNET (www.fmnet.org), lequel capte environ 2000 stations de radio FM en France et un grand nombre de stations de radio situées en zones frontalières. Un fichier excel comportant les flux RDS correspondants et une présentation compréhensible du décodage RDS est disponible ici.

Les stations de radio dont la diffusion RadioText a été analysée:
Pour la France : France Inter(*), FIP(*), Le Mouv'(*), France Musique(*), France Bleu 107.1(*), Radio Classique, Nrj, Virgin, Rfm, Nova, Fg Radio, Nostalgie, Rire et Chansons, Chérie FM, Radio Evasion;
Pour l'Allemagne : Swr1(*), Swr2 (*), Swr3 (*), Swr4 (*), Radio Regenbogen;
Pour la Suisse : Drs2(*), BNJ FM.
(*) Service public

Les implémentations du service RDS RadioText qui ont été effectuées par les stations de radio sur lesquelles nous avons porté notre attention sont toutes conformes à la norme RDS. On constate toutefois des différences d'une station à l'autre. 


La diffusion de RDS en quelques mots

Paquetisation de donnée, diiffusion sans voie de retour

La diffusion de Radio Texte s'opère en RDS de manière unidirectionnelle, via un principe de sous-porteuse rajoutée à chaque émission de radio FM. En RDS, le paquet de données est nommé groupe et contient invariablement 104 bits. Le débit brut de diffusion RDS est lui aussi invariable, synchrone avec la fréquence de la sous-porteuse qui le porte, et s'obtient en effectuant le rapport de la fréquence de la sous porteuse RDS (57kHz) par 48 : 57000 / 48 = 1187.5 bits/s. Chaque paquet (groupe) RDS est donc transmis en : 104 bits / 1187.5(bits/s) = 87.56 ms. La diffusion s'effectue évidemment sans voie de retour ni acquittement. Des techniques non optionnelles de synchronisation, de redondance et de correction d'erreurs sont décrites dans la norme ramenant ainsi le débit brut annoncé ci-dessus à un débit net d'environ 512 bits/s soient 64 octets / seconde.

Un envoi de données propre à l'unidirectionnalité du canal de transmission

Bien que reposant sur un mécanisme synchrone, il est fondamental de comprendre que la diffusion RDS ne s'appuie pas sur un mode séquentiel. En effet, les erreurs de réception du signal RDS sont normales et permanentes. La perte d'un paquet de données doit avoir un impact réduit et réparable sur la transmission de l'information à laquelle appartient le paquet impacté. La totalité des mécanismes de diffusion RDS repose sur une segmentation de l'information permettant à la répétition de données de compléter une information à priori incomplète. Ainsi, par exemple, un message RadioText de 64 caractères peut être vu comme un puzzle de 16 pièces contenant 4 caractères alphanumériques chacune. Chaque pièce de puzzle est transmise avec son contenu (les 4 caractères) mais également son emplacement dans le puzzle (adresse). A force de répétitions, le récepteur FM-RDS parvient à reconstituer le puzzle, quel que soit l'ordre dans lequel les pièces sont émises et quelles que soient les erreurs impactant telle ou telle pièce.

Partage de bande passante

En pratique, le RDS véhicule différents services contraints de se partager la ressource rare que constitue 64 octets / seconde.

Parmi ces services, on retiendra les principaux :
- l'identification du programme et la signalisation (PI, PS, AF) : 25% à 100% de la bande passante;
- la diffusion RadioText (RT) qui concerne ce mémo : 15% à 75% de la bande passante;
- la diffusion d'informations de trafic (TMC) : 30 à 50% de la bande passante;
- la diffusion d'informations sur les autres stations du groupe (EON) 10 à 30% de la bande passante.


La diffusion RadioText en RDS

4 à 20 secondes pour diffuser un message de 64 caractères
La diffusion RadioText se fait par segments de 4 caractères alphanumériques. Un message RadioText est une entité de 64 caractères maximum (32 pour la diffusion RDS en mode B qui n'est plus utilisée aujourd'hui et que j'ignore dans ce documents). Il faut donc 16 paquets (groupes) RDS pour transmettre 64 caractères. Une information relative à une émission ou un morceau est une succession de messages (64 caractères max.), chacun répétés une ou plusieurs fois pour optimiser la probabilité de réception de chaque segment.

La durée de transmission la plus courte et théorique d'un message RadioText (64 caractères), sans répétition est évaluée comme suit : 
16 paquets (groupes) RDS x 87.56(ms par groupe) = 1.4 secondes.

La norme RDS spécifie qu'au moins 3 paquets (groupes) RadioText doivent être transmis toutes les 2 secondes. La vitesse de transmission la plus lente d'un paquet (sans répétition) s'évalue comme suit : 
16 groupes à transmettre à raison de  3 groupes par 2 secondes = 16 x 2 / 3 = 10.7 secondes.

Le partage de ressources RDS fera de telle sorte que seuls 15% à 75% de la bande passante peuvent être accordés au service RadioText. Ainsi, pour les relevés que nous avons effectués, la diffusion effective d'un message RadioText (64 caractères max) présente une amplitude de durée de transmission importante qui se traduit par des différences facilement observables par l'auditeur :
- durée min: 1.4 secondes / 75% affectés à la ressource RadioText = 1.85 secondes;
- durée max: 1.4 secondes / 15% affectés à la ressource RadioText = 9.3 secondes.

Dans les faits, toutes les stations observées respectent donc le timing imposé par la norme RDS.
 
Les modalités de transmission sont en général respectées...

Comme indiqué plus haut, le système RDS ne repose pas sur la diffusion séquentielle de données, c'est à dire que la nature d'un paquet (groupe) RDS ne doit pas dépendre des groupes qui les précèdent et qui les succèdent. Les erreurs de réception sont donc parfaitement tolérées et il convient de répéter plusieurs fois un message donné pour augmenter sa probabilité d'affichage. La norme RDS spécifie que le message de 64 caractères (16 segments de 4 caractères) doit être envoyé segment par segment, dans le sens habituel de notre lecture : c'est le cas pour toutes les fréquences observées.

On notera qu'il n'est pas obligatoire de transmettre les 64 caractères dans leur totalité et que le bourrage, par des espaces de la fin du message peut dégrader le rendu affiché et gaspille de la ressource. Ainsi, si moins de 64 caractères sont à transmettre, la chaîne à transmettre doit obligatoirement se terminer par le caractère "carriage return" 0D (hex). Dans les observations effectuées, seule la radio suisse BNJ exploite ce cas de figure, mais de manière erronée : on voit bien apparaître le caractère 0D (hex) mais il est suivi de 3 espaces de bourrage.


L'exploitation de l'indicateur "AB flag A/B" n'est pas répandue en France

La norme RDS introduit une subtilité permettant aux postes de radio et autoradios de gérer la mémoire (64 caractères) servant à l'affichage du message. Il s'agit de l'indicateur "A/B flag" qui est transmis dans chaque paquet (groupe) RadioText. Lorsque cet indicateur change d'état, la norme indique que la totalité de l'affichage doit être effacée pour laisser place à un nouveau message. Dans la pratique, les opérations d'effacement et de remplissage de cette mémoire sont invisibles pour l'utilisateur car elles s'effectuent coté récepteur, dans une mémoire tampon. Divers artifices logiciels permettent la validation de l'intégrité du contenu de cette mémoire pour un affichage le plus cohérent possible.

Le fait d'assurer la transition de l'indicateur "A/B flag" permet d'éviter les artéfacts liés à la superposition transitoire (quelques secondes, le temps de la mise à jour du message) de nouveaux segments émanant d'un nouveau message par dessus un ancien message.

Malheureusement, les constructeurs de postes de radio et autoradios n'ont pas tous interprété le sens de l'indicateur "A/B flag" de la même manière. Certains ont considéré l'indicateur "A/B flag" impliquait 2 buffers distincts et que son changement d'état était un ordre de basculement d'affichage entre ces 2 buffers. Sur ces récepteurs, seul le basculement de l'indicateur provoque alors la mise à jour de l'affichage. Cela peut donc poser des problèmes pour une diffusion RadioText ne reposant pas sur le basculement de cet indicateur. Ce type d'interprétations aboutissent à des effets de bord qui empêchent, au bout du compte une exploitation nominale de cet indicateur. 

Les stations de radio, principalement allemandes, à force de retour de leurs auditeurs et leurs "autoauditeurs", ont pu aboutir à un compromis de diffusion acceptable pour la majorité de leurs récepteurs.

Parmi les stations de radio françaises, observées NRJ, NOSTALGIE, CHERIE FM, RIRE & CHANSONS et RADIO EVASION exploitent l'indicateur "A/B flag"

NRJ, NOSTALGIE, CHERIE FM, RIRE ET CHANSONS basculent l'indicateur "A/B flag" au début de chaque diffusion d'un message de 64 caractères, même si le contenu de ce message ne varie pas. Ce procédé empêche les postes de radio et autoradios bien conçus de profiter du bénéfice de la répétition de messages.

RADIO EVASION en revanche bascule l'indicateur "A/B flag" toutes les deux diffusions de messages de 64 caractères, même si le contenu de ce message ne varie pas. Cette disposition est astucieuse car elle fait profiter aux récepteurs bien conçus du bénéfice de répétition, tout en contournant les effets de bord liés aux interprétations hasardeuses évoquées juste avant de la signification de l'indicateur "A/B flag" par certains constructeurs de récepteurs.

Les stations étrangères exploitent toutes l'indicateur "A/B flag"

On notera que les stations allemandes et suisses sont prolixes et ne s'arrêtent pas à la diffusion d'un titre de morceau ou d'émission. Les messages RadioText de 64 caractères s'enchaînent les uns après les autres pour constituer, par agrégation, un flux continu d'informations textuelles.

Dans ces cas, la succession de messages différents implique le recours obligatoire à l'indicateur "A/B flag". On notera aussi que pour la plupart, la diffusion des 16 segments d'un message est répétée au moins une fois (donc chaque segment bénéficie au moins de 2 diffusions). Pour certaines stations de radio, le basculement de l'indicateur "A/B flag" est assuré après une répétition, même si le message RadioText (64 caractères) n'est pas modifié.

L'usage du flag A/B n'est pas requis lorsque le message change rarement
Lorsque les stations utilisent le RadioText pour afficher le nom d'une émission comme c'est le cas de certaines chaînes du service public en france, il n'est pas indispensable de basculer l'indicateur "A/B flag" dans la mesure où la probabilité de perturbation de l'affichage est faible.

En revanche, l'exploitation de l'indicateur "A/B flag" est vivement conseillée pour les programmes utilisant le RadioText pour afficher les titres des morceaux ou des données associées aux émissions.

Résumé des observations

Le détail des enregistrements RadioText ayant servi à ce mémo figure ici.

(*) Les programmes NOSTALGIE, NRJ, RIRE & CHANSONS, CHERIE FM assurent la commutation de l'indicateur "A/B flag" sans répéter les segments (caractères) transmis.

(**) La proportion de la ressource RDS allouée au service RadioText (groupes RDS 2A) varie de 15% à 74%. Les programmes comme FG, NOVA, RADIO CLASSIQUE, RIRE ET CHANSONS dont la ressource RDS n'est pas exploitée par d'autres services, peuvent allouer plus de bande passante au service RadioText, lui conférant évidemment une meilleure performance.

Enregistrements RDS
effectués 

entre décembre 2011
et février 2012
via le réseau
de capteurs FMNET
Bande passante RDS
Allouée au service RadioText
A/B Flag
exploité?
FRANCE INTER 27% non
FRANCE MUSIQUE 28% non
FRANCE BLEU 107.1 24% non
FIP 27% non
LE MOUV' 28% non
RADIO CLASSIQUE 74% (**) non
VIRGIN 24% non
RFM 23% non
RADIO EVASION 18% oui avec répétition des segments
NOVA 50% (**) non
FG 50% (**) non
NRJ 20%  oui mais sans répétition des segments (*)
RIRE & CHANSONS 50%  oui mais sans répétition des segments (*)
NOSTALGIE 20%  oui mais sans répétition des segments (*)
CHERIE FM 20%  oui mais sans répétition des segments (*)
SWR1 (D) 18% oui avec répétition des segments
SWR2 (D) 18% oui avec répétition des segments
SWR3 (D) 18% oui avec répétition des segments
SWR4 (D) 18% oui avec répétition des segments
RADIO REGENBOGEN (D) 18% oui avec répétition des segments
BNJ FM (CH) 54% oui avec répétition des segments
DRS2 (CH) 32% oui avec répétition des segments

mercredi 21 décembre 2011

Mes amies les fourmis, heureuses et productives

Voici une fable que j'ai reçue via internet. Elle colle si bien avec ce que j'ai vécu et vis encore, au quotidien, que je la publie, avec quelques petits aménagements à mon gout! Bravo à son auteur pour son inspiration. Et un clin d’œil aux fourmis heureuses et moins heureuses, mes congénères, qui se reconnaîtrons assurément dans cette fable.

Il était une fois une fourmi heureuse et productive qui, tous les jours, arrivait de bonne heure à son travail.

Elle passait toute sa journée à travailler dans la joie et la bonne humeur, écoutant la radio et allant même jusqu'à la chansonnette.

Elle était heureuse de travailler et son rendement était excellent.

Le Frelon, PDG de l'entreprise, considérant qu'il n'était pas possible que la situation puisse perdurer, créa un poste de manager pour lequel il recruta une coccinelle avec beaucoup d'expérience.

La première préoccupation de la coccinelle fut d'organiser les horaires d'entrée et de sortie de la fourmi. Elle créa également un système de compte-rendu et de fiches navettes.

Très vite, il fallut engager une secrétaire pour l'aider à préparer les dossiers et le reporting, si bien qu'elle recruta une Araignée qui mit sur pied un système de classement et qui fut chargée de répondre au téléphone.

Pendant ce temps là, la fourmi heureuse et productive continuait de travailler, travailler, travailler.

Le Frelon, PDG de l'entreprise, était ravi de recevoir les rapports de la coccinelle, si bien qu'il lui demanda des études comparatives avec graphiques, indicateurs et analyse de tendance.

Il fallut donc embaucher un cafard pour assister le manager et il fallut acheter un nouvel ordinateur avec une imprimante.

Assez vite, la fourmi heureuse et productive commença à baisser de rythme et à se plaindre de toute la paperasserie qui lui était dorénavant imposée

Le Frelon, PDG de l'entreprise, considéra qu'il était temps de prendre des mesures.

Il créa donc le poste de chef de service pour superviser la fourmi heureuse et productive.

Le poste fut pourvu par une cigale qui changea tout le mobilier de son bureau et qui demanda un nouveau fauteuil ergonomique ainsi qu'un nouvel ordinateur avec écran plat. Seulement, avec plusieurs ordinateurs, il fallut aussi installer un serveur de réseau.

Le nouveau chef de service ressentit  rapidement le besoin de recruter un adjoint le ver de terre (qui était son assistant dans son ancienne entreprise) afin de préparer un plan stratégique de pilotage ainsi que le budget de son nouveau service.

Pendant ce temps-là, la fourmi était de moins en moins heureuse et de moins en moins productive.
Il va nous falloir bientôt commander une étude sur le climat social, dit la Cigale. Mais, un jour, le Frelon, PDG de l'entreprise, en examinant les chiffres, se rendit compte que le service dans lequel la Fourmi heureuse et productive travaille, n'est plus aussi rentable qu'avant.

Il eut donc recours aux services d'un prestigieux consultant, M. Hibou, afin qu'il fasse un diagnostic et qu'il apporte des solutions. Le Hibou fit une mission de trois mois dans l'entreprise à l'issue de laquelle il rendit son rapport : il y a trop de personnel dans ce service.

Le Frelon, PDG de l'entreprise, suivit ses recommandations et licencia  la Fourmi.

samedi 3 décembre 2011

Saisissant : la station ISS vue depuis la terre

En déplacement professionnel dans l'hémisphère sud pendant quelques semaines, j'essaie d'occuper mes temps libres à des activités, rencontres et découvertes qu'il me serait plus difficile ou impossible à réaliser en hémisphère nord.

Ainsi, hier soir, je me suis rendu à une soirée d'astronomie en plein air organisée par un club local. J'ai pu y rencontrer des personnes passionnées par cette discipline, autant que d'autres pourraient l'être de la radio...

J'ai découvert qu'il était possible, en début de soirée, s'observer la station spatiale ISS (International Space Station) défiler rapidement sous la forme d'un point blanc dans le ciel, situé à 350km de la terre. J'ai été impressionné par la connaissance de ces astronomes amateurs qui connaissaient évidemment leur ciel, mais aussi l'heure, à la seconde près, d'apparition et de disparition d'évènements insolites susceptibles d'animer une soirée.

Mais, quelle n'a pas été ma surprise lorsque l'on m'expliquât qu'il était possible de voir (plus précisément prendre un cliché) des détails de la station ISS avec un télescope d'amateur. En recherchant sur internet, on trouve des clichés pris depuis la terre, sur cet objet en mouvement (28000km/h environ, et sur une orbite située à 350 km/h), comme celui ci... Saisissant ? Non?



Source : http://www.astronet.ru/db/xware/msg/1232828




vendredi 22 octobre 2010

RNT : mais où est donc le contenu?

Ce billet fait référence à l'intervention de M.Rachid Arhab, membre du Conseil Supérieur de l'Audiovisuel et représentant le CSA à l'occasion d'une table ronde qui s'est tenue dans l'enceinte du salon "le Radio", édition 2010. Vidéo Radio Actu disponible ici.

Monsieur Arhab,
j’ai suivi attentivement votre intervention comme celle de David Kessler. Quelques observations s’imposent.

Vous considérez que nous sommes "tout le temps en train de nous noyer dans les questions de technologie et de tuyaux". Or, j’observe que vous estimez qu’il faut « numériser » la radio quoiqu’il advienne pour qu’elle ne périclite pas et parce qu’il est anormal que dans un monde « numérique » les émissions de radio ne le soient pas. 

Ce chantage au « tout numérique », cette adhésion à la thèse selon laquelle le «numérique» permettrait d’élargir l’offre et la couverture radio, ne relèvent-elles pas du registre technologique - que vous balayez avec condescendance - plutôt que de celui des contenus? Et pourquoi la radio n’aurait-elle pas, tout simplement, vocation à demeurer analogique, pour sa simple survie, pour sa proximité et pour son indépendance ?

En TNT, ce n’est que grâce au secours de la diffusion satellitaire que le CSA et le gouvernement peuvent se targuer d’une couverture intégrale et moderne du territoire. Il faut savoir que la couverture de la télévision numérique s’est concentrée sur les villes et qu’elle a délaissé les campagnards et les montagnards : près de la moitié des émetteurs analogiques de télévision ne seront jamais convertis au numérique : les caisses sont vides, même pour les télévisions. La radio numérique terrestre, parce qu’elle suppose la réception en mobile, ne pourrait pas bénéficier d'un complément satellitaire gratuit ce qui signifie inégalités et fracture numérique.

En outre, toujours dans le registre technique, vous considérez que la radio actuelle (AM, FM) n’est pas numérisée à l’arrivée: c’est faux. Les fabricants de postes de radio AM et FM utilisent depuis quelques années des technologies numériques particulièrement sophistiquées (software radio). Celles ci augmentent indirectement la couverture radio FM existante, améliorent la qualité audio, augmentent l’autonomie sur batteries, diminuent le prix de revient du poste… tout cela sans que la profession ni les auditeurs ne soient mis à contribution. De nouvelles optimisations du spectre radio FM sont même envisageables...

Vous tentez de discréditer la diffusion de la radio via internet au prétexte qu’elle ne préserverait pas l’anonymat. Votre argument survient au moment même où l’état commence à débusquer les adeptes du téléchargement en exploitant justement les limites de l’anonymat sur internet : quelle récupération astucieuse ! Je dirais ironiquement qu’il vaut mieux rester dans l’anonymat pour ne pas être inquiété lorsque l’on écoute les programmes de divertissements nauséabonds diffusés jours après jours, après 22h, à l’échelle nationale par quelques réseaux parisiens, pourtant dûment régulés par le CSA. Interrogeons-nous plutôt sur la réalité de l'argument de l'anonymat de la radio, dans un monde où l’internet permet justement à des minorités, des journalistes, des auditeurs isolés, des lecteurs lointains, de diffuser et de recevoir des informations alternatives, bref d'exister en sortant justement de cet anonymat pesant.

Enfin, je considère que déclarer que la radio numérique sera «gratuite» relève des éléments de langage bien rodés, sur-exploités par nos autorités. Cet argument, à la limite du mensonge, vise à faire avaler la pilule numérique à ceux qui ne l’ont pas demandé et « divertir » la population au sens où Pascal l’entendait. Le principal initiateur de la radio numérique serait inévitablement le service public. Son déploiement supposerait une double diffusion, des infrastructures plus complexes et plus coûteuses à couverture égale. Voici en gros le « coût » de la gratuité dont vous parlez et qui pèsera sur tout le monde:

- un milliard d’euros pour l’initialisation de l’infrastructure «rnt» du service public: financés par les concitoyens qui sont actionnaires de l’état, y compris les campagnards et les montagnards qui attendront toujours… ;
- trois milliards d’euros au titre de ce qui est assimilable à une «taxe numérique» indirectement inscrite dans la loi car obligeant les consommateurs dès 2012 (y compris les campagnards et les montagnards qui attendront toujours…) à payer la partie numérique obligatoire (et probablement inutile) de tout poste de radio analogique acheté en France.

Il va falloir casser la tirelire...
Zut, elle est déjà cassée...

A suivre !

Gilles Misslin

vendredi 30 avril 2010

Impact des éoliennes sur la réception de la télévision

Le cabinet d'études CTIC a été sollicité pour étudier l'impact de projets de parcs éoliens sur la réception de la télévision analogique et numérique. L'existence de l'impact des éoliennes en fonctionnement, sur la propagation des ondes et notamment du signal de télévision analogique est connu. En revanche, l'impact sur un signal de télévision numérique est moins connu. Le cabinet CTIC, après avoir effectué une étude théorique comparée de ces impacts, s'est rendu sur le terrain pour confronter ses résultats à la réalité. Il en ressort que l'effet d'un parc éolien sur la réception de la télévision peut s'observer sur la télévision analogique (vidéo ci-dessous) jusqu'à 15km des éoliennes lorsque celles-ci s'interposent entre l'antenne d'émission et l'antenne de réception. En télévision numérique, cet impact est réduit et ne dépasse pas, en principe, 3km. Le signal Cofdm propre au système DVB-T (utilisé par la TNT en France) illustre ici sa performance et sa robustesse face aux perturbations qui s'exercent en permanence sur la fonction de transfert du canal de propagation.


La vidéo ci-dessous, réalisée par le cabinet CTIC, à l'occasion de ces campagnes effectuées sur le terrain, illustre l'impact d'une éolienne sur la réception de la télévision analogique. En télévision numérique, l'impact se traduit par des décrochages de l'image ou des phénomènes de "pixellisation".

Pour tout contact :
CTIC
Gilles Misslin
Tél : +33 1 45 333 000
Email info[at]ctic.fr

lundi 29 mars 2010

Création d'un "Baromètre de la qualité de réception de la TNT en France"

Ce baromètre et l'enquête d'initialisation associée sont réalisées par le site TntTest et le cabinet d'études indépendant CTIC .

http://www.tnttest.org/enquete.php
 
Les informations postées sont anonymes. Elles doivent permettre aux professionnels, opérateurs et organismes concernés par le déploiement de la TNT en France de mieux comprendre la réalité des problèmes techniques qui affectent ou qui se posent à vous.


Dans cet objectif, le site TntTest et le cabinet CTIC publieront prochainement une synthèse des résultats de cette enquête.

Par avance, merci pour votre contribution !

A suivre.

mardi 2 février 2010

Mesures DVB-T effectuées par la société CTIC en Alsace, les 1 et 2 février 2010

Dans la nuit du 1er février au 2 février 2010, les émetteurs de télévision analogique alsaciens se sont arrêtés. Cet arrêt a permis aux émetteurs numérique d'atteindre leur puissance nominale planifiée. A cette occasion, le cabinet de consultants CTIC a effectué un relevé de niveaux de signal "avant / après" ce basculement historique. Les mesures effectuées par CTIC sont reportées sur les tableaux ci-dessous.

CTIC relève que les nouvelles performances de l'émetteur de Strasbourg Nordheim sont en deça des attentes.

En revanche, sur Mulhouse, l'amélioration est au rendez-vous et profitera notamment à Colmar où la réception TNT était jusque là critique.

Il est probable que les opérateurs de diffusion effectuent encore des retouches sur leurs émetteurs et leurs antennes.

Outre les changements de puissance et de hauteur d'antenne d'émission, on notera que les multiplex R3 à Strasbourg, et R2 et R6 basculent sur des canaux qui présentent une propagation désormais plus favorable.

Les mesures ont été effectuées à partir d'une installation et de moyens de référence fixes situés sur la commune d'Eckbolsheim, comprenant des antennes de réception fixes, situées sur un pylône de 20m. Les conditions de mesures n'ont pas été modifiées entre le 1er février 2010 et le 2 février 2010. Deux antennes fixes de réception, l'une orientée vers l'émetteur de Strasbourg Nordheim, l'autre vers l'émetteur de Mulhouse ont été utilisées pour effectuer les relevés. D'autres relevés seront effectués dans quelques semaines et viendront compléter ce post. Le gain des antennes de réception produits par les changements de canaux a été déduit des résultats figurant dans les tableaux ci-dessous. Le gain des antennes d'émission dans l'azimut où s'effectue la réception est pris en compte dans la formulation des observations données dans les 2 tableaux ci-dessous.

3 mars 2010, mise à jour : voir les 2 tableaux supplémentaires ci-dessous, qui font apparaître une baisse de puissance de R6 Strasbourg qui avait déjà subi un affaiblissement significatif à l'occasion du passage au tout numérique, et l'augmentation de niveau de R6 Mulhouse qui devient captable au sud de Strasbourg.

A propos de CTIC
CTIC est une société assurant des services, des études et des développements en radiodiffusion, en télédiffusion et en radioélectricité. La société est dirigée par Gilles Misslin, ingénieur en radioélectricité. CTIC a notamment développé le service gratuit TntTest qui permet à chacun de prédire les conditions de réception de la TNT en tout point de France. CTIC produit ses prestations pour des organismes publics, des opérateurs de diffusion, des éditeurs de programmes radio, de programme tv et de services multimedia en hertzien. Les références de la société CTIC peuvent être consultées ici.




Mesures effectuées le 2/2/2010 9h45 par rapport au 1/2/2010 17h00

Strasbourg Nordheim Gain mesuré le 2/2/2010 9h45 par rapport au 1/2/2010 17h00 Observations
R1 +4,7dB on attendait au moins +7.0 dB
R2 +1,2 dB on attendait au moins +3.0 dB
R3 + 4,8 dB On attendait +6dB
R4 + 7,6 dB on n'attendait pas d'amélioration
R5 non diffusé
R6 -1,85 dB on attendait au moins +3dB

Mulhouse Rehberg Gain mesuré le 2/2/2010 9h45 par rapport au 1/2/2010 17h00 Observations
R1 +5,5 dB on attendait au moins +10dB
R2 +13,1 dB on attendait +13dB
R3 +8,3 dB on attendait au moins +10dB
R4 +8,5 dB on attendait au moins +10dB
R5 non diffusé
R6 +12,7 dB on attendait +13dB




Mesures effectuées le 3/3/2010 10h00 par rapport au 1/2/2010 17h00


Strasbourg Nordheim Gain mesuré le 3/3/2010 10h00 par rapport au 1/2/2010 17h00 Observations
R1 +3,7dB on attendait au moins +7.0 dB
R2 +1,8 dB on attendait au moins +3.0 dB
R3 + 5,4 dB On attendait +6dB
R4 + 9,6 dB on n'attendait pas d'amélioration
R5 non diffusé
R6 -4,0 dB on attendait au moins +3dB

Mulhouse Rehberg Gain mesuré le 3/3/2010 10h00 par rapport au 1/2/2010 17h00 Observations
R1 +7,7 dB on attendait au moins +10dB
R2 +13,5 dB on attendait +13dB
R3 +8,8 dB on attendait au moins +10dB
R4 +8,4 dB on attendait au moins +10dB
R5 non diffusé
R6 +15,2 dB on attendait +13dB

dimanche 20 septembre 2009

Quel avenir pour la radio numérique, quelle radio numérique pour l’avenir ?

Jusqu’à aujourd’hui les procédés de diffusion radio analogique faisaient partie de la culture générale: nos parents et nos grands parents parlent encore d’ondes longues, d’ondes moyennes, et d’ondes courtes. Nous parlons encore volontiers de radio FM ou de modulation de fréquence. Chaque procédé évoquait une évolution majeure et des caractéristiques inédites.

Les ondes longues et les ondes moyennes ont été largement développées par les états, notamment durant la 2ème guerre mondiale: un émetteur suffisait pour couvrir un pays,  dépasser ses frontières et assurer une propagande ou la transmission de messages d’information. Le développement des ondes longues et ondes moyennes s’est poursuivi après guerre avec l’arrivée de stations de radio privées. Certains émetteurs ondes longues, comme celui de France Inter à Allouis, sont toujours exploités : ce procédé d’émission s’éteindra vraisemblablement avec la disparition de la génération qui l’a accompagné.

Les ondes courtes ont accompagné les efforts de propagande politique à destination exclusive de pays lointains et d’autres continents. Le rayonnement de pays comme la France est passé par l’exploitation massive des ondes courtes dès l’après guerre. La mondialisation, la levée des barrières politiques et géographiques, l’internet sont autant de paramètres qui tendent progressivement, depuis les années 90, à l’arrêt des émissions en ondes courtes.

La modulation de fréquence est née en 1933 a été imaginée par Edwin Howard Armstrong. Le début de l’exploitation de la modulation de fréquence se situe à la fin des années 1940, aux USA. Les premiers grands déploiements européens sont apparus à partir de 1954. A cette époque, la modulation de fréquence a apporté une qualité audio révolutionnaire. La modulation présente des intérêts indirects qui ont favorisé son déploiement : des émetteurs bien plus simples (classe C), des récepteurs guère plus coûteux que les récepteurs AM, des systèmes d’antennes d’émission et de réception moins encombrants, et plus performants qu’en AM.

Le principe de codage stéréophonique en modulation de fréquence, inventé par General Electrics et Zenith Electronics a fait son apparition dans les années 60 : il s’agit d’une nouvelle révolution technique qui a profité des premiers circuits intégrés pour se démocratiser à peu de frais. La stéréophonie en modulation de fréquences a été rajoutée au dispositif sans empêcher le fonctionnement des récepteurs plus anciens, déjà sur le marché.

Au cours des années 70, le transistor et le circuit intégré apportent deux caractéristiques supplémentaires à la radio : la légèreté du récepteur et l’autonomie électrique. Les prix des postes de radio chutent. A cette époque, on découvre le pouvoir discriminant de nos oreilles : les grésillements ne sont pas gênants si le message est intelligible. Grâce à cette caractéristique humaine, pour couvrir 95% de la population française, il faut en moyenne, 1 émetteur FM pour 1000km2 : en mobilité, notre bon sens fait que nous comprenons facilement qu’à certains endroits, la radio grésille, l’important étant de la recevoir.

A la fin des années 80, le système RDS se superpose (sous-porteuse rajoutée) au signal radio FM, toujours en parfaite compatibilité avec le parc d’émetteurs et de récepteurs FM en place. Le système RDS est rapidement exploité pour la diffusion de services de radiomessagerie (messages de type texto) par des opérateurs de diffusion comme TDF. Dès le début des années 90, le système RDS (Radio Data System) devient une norme européenne et se démocratise par sa simplicité et le fait qu’il ne nécessite pas une remise à plat de la radio FM traditionnelle. La FCC adopte en bloc le RDS européen comme la norme de référence aux Etats-Unis. Les applications exploitées en RDS présentent une tolérance élevée aux erreurs qui ne doivent pas être visibles par l’utilisateur final. Le RDS présente un débit très faible (30 octets/seconde) mais intéresse toujours des acteurs de référence par l’importante couverture des stations de radio FM : des entreprises comme Viamichelin, TomTom, V-Trafic exploitent largement le système RDS pour diffuser des informations de traffic (TMC) à l’échelle européenne et à destination des terminaux de navigation. Ce n’est que récemment que les stations de radio ont découvert l’aptitude du système RDS à diffuser, par exemple, des données associées au programme radio diffusé et notamment le titre du morceau en cours de diffusion.

Les années 90 ont été marquées par l’apparition des technologies numériques dans la chaîne de production et de transmission de la radio. Dans les studios, les logiciels de « radio automation » remplacent progressivement les lecteurs CD. Les radios d’autoroute apparaissent à partir de 1991 : les techniques d’émission en iso-fréquence sont déployées grâce à la maîtrise, en numérique, du synchronisme des signaux. Du coté des émetteurs FM, le signal émis est désormais généré de manière numérique. Des équipements de traitement de son font leur apparition sur les sites d’émission: les excursions et les niveaux de signaux sont progressivement maîtrisés au kHz ou au dixième de dB près, les stations de radio peuvent quadrupler la puissance sonore de leur programme (+6dB) tout en continuant à respecter les limites règlementaires. Les récepteurs FM gagnent en sélectivité et les premiers traitements numériques font leur apparition: la limitation du souffle par traitement DSP, la diminution automatique de la séparation stéréo, le basculement automatique de fréquence sont autant d’améliorations remarquées par l’auditeur. Là encore, la radio FM se met à jour : sans aucune modification de la norme d’émission, elle bénéficie de manière naturelle des améliorations technologiques remarquables du moment. Au bout du compte, la qualité du signal sonore s’améliore par la numérisation progressive du stockage et des moyens de transport audio. La couverture apparente des stations de radio s’accroit par le gain en sélectivité des récepteurs d’une part, et par les dispositifs de traitement de signal sonore mis en œuvre par les stations de radio. Enfin, la généralisation du RDS à tous les émetteurs FM et tous les autoradios apporte à l’auditeur le confort que nous promettait à cette époque, la radio numérique.

En 1988, une première démonstration mondiale de la radio numérique (norme DAB, Digital Audio Broadcasting) est réalisée. Le système est mis au point par le CCETT (Centre Commun d’Etudes de Télédiffusion et de Télécommunications) et l’IRT (Institut Für Rundfunktechnik). En 1990, le principe COFDM est adopté pour le DAB. En 1992, la France adopte la bande L pour la radio numérique. En 1996, en France, le CSA autorise des essais en radio numérique (DAB comme Digital Audio Broadcasting). En 1998 la radio numérique française est proposée au grand public, on recense à cette époque 15 autoradios compatibles. Le DAB passera au 21ième siècle sans auditeurs.

En 1997, les « web radios » font leur apparition. Les web radios sont numériques par définition. Elles profitent des technologies de streaming live (diffusion en direct par flux). La « bulle techno » fait ressortir une série de procédés de diffusion en streaming live utilisés par les stations de radio traditionnelles et les web radios : Shoutcast (NullSoft), Icecast (libre), Windows Media (Microsoft), QuickTime (Apple), Realplayer (RealNetworks), Flash (Adobe). On notera que ces procédés apparaissent en l’absence de cadre normatif et sans stimulation étatique ou européenne... c'est même le contraire: Microsoft voit contraint par l'Union Européenne de ne pas fournir Media Player avec ses systèmes d’exploitation ! Dès 1999, la commercialisation des premières lignes ADSL en France apportera une réalité aux solutions de streaming live en permettant la diffusion et l’écoute de programmes à 128kbits/s, en MP3 pour les internautes équipés d’ordinateurs et de lecteurs (players) du type Winamp, Windows media player, QuickTime player ou Realplayer. TDF (Télédiffusion de France) sent le vent tourner et ouvre en 1998 sa filiale Tv-Radio (Radios.fr) consacrée à la diffusion en streaming de stations de radio.

Le début du nouveau siècle sera marqué par la révolution de l’internet dans les rédactions et et les studios. Les logiciels de radio-automation bénéficient de ce nouveau support : la télégestion des ordinateurs de diffusion, l’automatisation des échanges de contenus radiophoniques, sont autant de nouveautés dont s’empare rapidement la profession. Les patrons de stations de radio se rendent compte qu’un ordinateur peut à lui seul tenir l’antenne 24h/24h, sans que les auditeurs traditionnels s’en aperçoivent. Les recettes publicitaires augmentent grâce aux principes de décrochages publicitaires télé-gérés, qui permettent de diffuser de la publicité sectorisée. A la fin des années 2000, un seul ordinateur est capable de de produire simultanément 40 programmes radio.  Les charges de personnel diminuent, les charges de diffusion FM baissent du fait de la concurrence accrue à laquelle TDF est soumise, enfin, des solutions de transport audio économiques sur IP et via Internet apparaissent sous forme de services clé en main, notamment avec la société CreaCast.

En 2006, le projet français « FM2006 » (rebaptisé FM+), lancé par le CSA et conduit par Philippe Levrier (à cette époque, membre du collège du CSA), aboutit en 3 ans à la mise en service d’un millier d’émetteurs FM supplémentaires. Comment ? Coté émetteur, les progrès effectués dans la maîtrise numérique de l’occupation d’un canal FM ont été généralisés. Coté réception la sélectivité des récepteurs FM, dopée par le décodage 100% logiciel (« software radios ») a apporté à la modulation de fréquence ce que seule la théorie pouvait lui promettre. Certains tabous ont été balayés comme l’impossibilité en France de planifier des canaux au-delà de 107.3 ; l’écart en fréquence entre deux émetteurs a été réduit lorsque ceux-ci diffusent le même programme. Les outils de planification ont bénéficié de la puissance de calcul des ordinateurs : là où, dans les années 90 il fallait des jours pour évaluer la pertinence d’un scénario de planification, il ne faut plus que quelques minutes.

Depuis 2005, c’est la société Nokia qui fabrique le plus grand nombre de récepteurs de radio FM au monde : des dizaines de millions chaque mois. Les constructeurs de téléphones portables habituent leurs clients à l’écoute de la radio avec un téléphone portable. Les performances de ces téléphones-walkmann FM sont dopées par la géolocalisation et l’internet : les listes de stations sont actualisées et l’auditeur n’a plus à se soucier de connaître les fréquences.

En 2009, après 23 ans d’existence, la radio numérique terrestre diffusée (RNT) tente pour la dernière fois de s’imposer. Une première tentative avait été réalisée par le gouvernement français en 1997. Les années 2010 verront-elles la diffusion de la radio numérique terrestre ? Les doutes sont multiples. Régulée et tenue en laisse par le CSA, la profession est rompue au conformisme et ne dispose pas de latitudes pour se permettre la moindre impertinence.

La probabilité de voir échouer la radio numérique est grande. La RNT n’offre rien de neuf au grand public. La qualité audio ne sera pas au rendez-vous. En effet, en adoptant la norme T-DMB, des compromis ont été réalisés par le gouvernement français pour maximiser le volume de données associées et le nombre de chaînes. Les récepteurs de radio numérique seront plus coûteux que les récepteurs FM et présenteront une autonomie similaire aux transistors des années 70. L’effet binaire dit « falaise » du numérique sera frustrant: là où la radio analogique était audible avec des grésillements, en campagne ou en montagne par exemple, elle ne le sera plus en numérique. Nombreux ont été ceux qui annonçaient une diffusion numérique 5 fois moins cher : les devis tombent actuellement et, malgré la concurrence, les frais d’exploitation annuels d’un émetteur numérique sont au même niveau que ceux pratiqués en FM.

Dans les bilans comptables des stations de radio, les frais de diffusion FM représentent la première charge… comment la profession va-t-elle pouvoir supporter la multiplication par deux leurs charges de diffusion, sans gagner un seul auditeur ? Là où en FM, une station de radio pouvait se contenter d’un seul émetteur pour couvrir une zone donnée, il est probable qu’elle doive à terme combler les trous de diffusion qui apparaîtront en numérique (tunnels, zones fortement urbanisées, campagne, montagne). Cela passera par l’exploitation d’un réseau d’équipements secondaires (émetteurs, ré-émetteurs et gapfillers) parfois plus coûteux que l’émetteur principal.

Pendant que la radio numérique terrestre diffusée s’essaie, la radio numérique « live » par internet se développe discrètement sous deux formes : d’une part le streaming indépendant des opérateurs télécom, d’autre part, la constitution de bouquets par des fournisseurs d’accès (FAI). De nouveaux modèles économiques font leur apparition. Certains opérateurs sont désormais prêts à rémunérer les chaînes de radio pour disposer de leur programme, alors que jusqu’à présent, l’inverse était la règle.

Depuis près de 80 ans, les états consacrent énormément d’efforts et d’attention au développement et à la promotion des technologies de diffusion en mode broadcast. Au fil des années, les cellules géographiques de diffusion radio sont passées du pays (ondes longues), aux régions (ondes moyennes et émetteurs FM à couverture surfacique), aux villes (radio FM). Les micro-émetteurs FM ont fait récemment leur apparition et permettent à un individu d’émettre en radio FM dans une « cellule » de quelques mètres pour atteindre son poste de radio de cuisine avec le son issu de son baladeur MP3, par exemple. La cellule radio est progressivement passée du programme unique pour les habitants de tout un pays au programme individuel. Enfin, l’internet rompt les limites géographiques imposées par les zones de couverture, la reconnaissance de l’individualité auditrice apparait. Cette rupture remarquable et remarquée permet à des programmes thématiques d’atteindre des individus rattachés par des réseaux communautaires qui prennent racine sur internet.

Depuis quelques mois, les gadgets, widgets, players envahissent les ordinateurs et les téléphones portables : l’internet fournit la dématérialisation du poste de radio. Les récepteurs de radio sont « virtuels », le « physique » laisse la place au « logique ».  Oui, les années 2010 seront assurément marquées par l’internet mobile à haut débit et le cortège d’applications qui en découlent. La radio fera partie de ce paysage. Certains doutent toujours de la capacité des opérateurs à pouvoir livrer un flux radio individuel à chaque internaute pendant qu’au même moment Orange fait le plein d’abonnements de téléphonie mobile 3G incluant une offre de télévision, mobile évidemment…

Fin 2008, à l’occasion du salon « Le Radio », la société CreaCast a montré qu’il était possible de faire le tour du boulevard périphérique parisien en écoutant n’importe quelle webradio avec un téléphone portable 3G, sans trou de couverture ni coupures. Début 2009, à l’occasion de salon CES (Consumer Electronic Show à Las Vegas) Blaupunkt annonce la création de deux modèles d’autoradios « internet ».

L’internet n’a pas attendu les décisions de l’état pour se développer et se structurer en France comme ailleurs : le gouvernement français n’a pas eu à imposer par voie règlementaire le protocole internet TCP/IP pour l'internet français. Ce ne sont pas les gouvernements qui ont imposé la norme MP3 aux baladeurs, mais bien le MP3 qui s’est imposé par les faits du marché. Ainsi, l’internet mobile ne subit pas d’autre pression que celle de la demande du marché.

L’article 19 modifié par l'ordonnance n°2009-1019 du 26 août 2009 - art. 8., relative à la modernisation de la diffusion audiovisuelle et à la télévision du futur - art. 79, paragraphe V, récemment adopté interdit implicitement, à partir de 2013, que des récepteurs FM soient vendus sans qu’un tuner de « radio numérique » les accompagne ! Pourquoi forcer le destin de la radio numérique terrestre à l’échelle de la France alors que le marché est mondial? Au nom de quel l’intérêt agit notre gouvernement ? Pourquoi s’obstiner à pénaliser la radio française d’un « laboratoire numérique RNT à la française » qui ne trouvera pas de financement et affaiblira le média et une profession… Quelle urgence y a-t-il à vouloir étouffer l’écosystème radiophonique hertzien, faire disparaitre la bande FM (inexploitable par d'autres services) en imposant un calendrier de passage au numérique terrestre et de surcroit en pleine récession économique?

Les opérateurs de téléphonie mobile vivront la prochaine décennie comme les opérateurs de téléphonie fixe ont vécu le début du 21ème siècle: l’épopée du haut débit a transformé nos usages et nos habitudes à la maison et au travail. L’internet à très haut débit s’apprête à nous accompagner partout, comme le fait aujourd’hui la radio FM… La radio endossera de nouvelles qualités héritées de l'ubiquité interactive propre à l'internet : ce sont ces qualités que plébisciteront les auditeurs. La radio numérique de demain prendra le chemin le plus facile et le moins couteux pour atteindre son auditeur : en la matière l’internet mobile est assurément le favori !

1er septembre 2009, par Gilles Misslin, pour le Guide professionnel de la Radio 2010

samedi 19 septembre 2009

Ososphère... arts numériques

Découvrir l'art numérique en famille...

C'est une première. Les installations d'art numérique d'Ososphère seront ouvertes au public du vendredi 25 septembre 2009 au jeudi 1er octobre 2009 (voir horaires sur le site Ososphère).  


En outre, des visites des installations sont organisées (horaires ci-dessous) à destination des familles. Dans le cadre de ces visites, vous découvrirez l'ensemble des œuvres d'art numérique exposées sur le site de la Laiterie en compagnie d'un membre de l'équipe du festival.

Les arts numériques utilisent des technologies qui ont envahi notre quotidien pour nous interpeller, nous inciter à la réflexion et nous émouvoir.


Inscrivez vous en envoyant un mail à rendezvous@ososphere.org et en précisant visites familles dans l'objet.

Un dépliant à destination des enfants sera offert à chaque jeune visiteur.


Les dates : 

dimanche 27 septembre de 17H00 à 20H00
mercredi 30 de 15h00 à 19H00
 

Le Lieu
Le quartier de la Laiterie Strasbourg

Faites circuler l'info !

samedi 21 mars 2009

Fin de la télévision analogique en Alsace

Fin mai 2009, la Télévision Numérique Terrestre (TNT) aura remplacé l'ancien système de diffusion TV (analogique) sur la zone de Kaysersberg. L'information de référence est disponible sur le site de France Télé Numérique. Il s'agit du site pilote préfigurant l'arrêt total de la télévision analogique en Alsace.

L'arrêt total de la télévision analogique par voie hertzienne en Alsace a été fixé par le CSA au 2 février 2010 (communiqué de presse du 16 mars 2009).

30 réémetteurs TV analogiques alsaciens émettront en numérique (TNT) avant le 2 février 2010:
BARR-ANDLAU, LUTZELHOUSE, MUTZIG 1, MUTZIG 2, NATZWILLER, NIEDERBRONN-LES-BAINS, PLAINE, ROSHEIM, SAALES, SCHIRMECK 1, SCHIRMECK 2, STE-MARIE-AUX-MINES, STRASBOURG-VILLE, VILLE,WINGEN-SUR-MODER, WISSEMBOURG, ALTKIRCH, BITSCHWILLER-LES-THANN, GUEBWILLER, HIRSINGUE, KAYSERSBERG, LAPOUTROIE, MASEVAUX, MUNSTER 1, MUNSTER 2, ODEREN,ORBEY 1, RANSPACH, SAINT-AMARIN, ZIMMERBACH.
- Le calendrier CSA des mises en service TNT pour le Bas-Rhin (67)
- le calendrier CSA des mises en service TNT pour le Haut-Rhin (68)

23 réémetteurs TV analogiques alsaciens ne passeront vraisemblablement pas en numérique (TNT) :
ALBE, BREITENAU, BREITENBACH, BUTTEN, FOUCHY, HERBITZHEIM, LABROQUE, LE BAN-DE-LA-ROCHE, MAISONSGOUTTE, RANRUPT, RATZWILLER, SCHIRMECK 3, SPARSBACH, STEIGE, URBEIS, WILDERSBACH, WOERTH, FRELAND, LE BONHOMME 1, LE BONHOMME 2, ORBEY 2, RAEDERSDORF, SONDERSDORF.

Sources : site CSA, site France Télé Numérique, Uit.

vendredi 6 février 2009

Radios associatives... radio numérique... go? nogo?

Au début des années 80, ce sont les radios associatives, les radios dites « libres », qui ont ouvert la voie de la libéralisation de la bande FM et de la radio française. Une fois libérée, le monde de la radio a subi l’influence libérale.

Un certain nombre de radios associatives ont perdu, par lassitude et départ progressif des fondateurs leurs originalités militantes pour adopter une démarche commerciale. Le CSA favorise d’ailleurs cette mutation en autorisant les radios associatives (catégorie A) à financer une part de leur fonctionnement avec des recettes émanant de la publicité, puis, pour les plus entreprenantes à changer de catégorie (A vers B par exemple).

C’est clair, les radios associatives n’ont plus la cote dans notre paysage audiovisuel désormais convenu. C’est clair, la norme de radio numérique terrestre hertzienne T-DMB n’est pas adaptée aux radios associatives. Quand bien même certaines d'entre elles bénéficieraient d'une autorisation en numérique, il sera difficile d'assurmer pendant 5, 10, peut être 25 ans, une double diffusion FM + T-DMB. Les radios associatives sont essentiellement locales, et, pour le peu qu’elles disposent d’une autorisation T-DMB, leur insertion minoritaire dans un multiplex engendrera des complications, des dépendances et des frais supplémentaires. Les ressources T-DMB sont d’ores et déjà très insuffisantes et, assurément, c’est le lobbying des chaînes nationales commerciales qui aura raison du monopole de la ressource. Bref, les radios associatives sont alors condamnées à militer à vie pour exister jusqu'à oublier la cause qui fondait leur raison d'être.

Le T-DMB est un moyen de radiodiffusion numérique optimisé pour un rayonnement national. Le T-DMB est tout sauf le média militant qu’a été la bande FM dans les années 80. Il est taillé sur mesure par les pouvoirs publics pour servir la masse. Il se nourrit des programmes commerciaux convenus et parfaitement compatibles avec les codes qui lient le petit univers radiophonique parisien aux chaînes de radio nationales.

Par opposition à la radio numérique terrestre (T-DMB), l’Internet permet la diffusion en numérique, à des coûts dérisoires et sans limites géographiques des programmes des radios associatives et militantes.

Les progrès de l’internet mobile permettent d’ores et déjà d’écouter avec des smartphones, iphones et plus récemment des autoradios 3G une multitude de programmes radio émanant du monde entier. Le battage médiatique qui est orchestré autour de la radio numérique terrestre par les autorités et par le CSA nous fait oublier que la radio par Internet est tout simplement « Numérique ». Enfin, la bidirectionnalité de l’Internet, permet de rétablir les notions d’échange, de dialogue, de réversibilité qui fondent bien souvent les projets des radios associatives et militantes.

Au cours des dix dernières années, des progrès incroyables ont été réalisés au niveau des récepteurs FM grâce à la technologie de décodage numérique par logiciel (software radio). La sélectivité des nouveaux récepteurs FM mis actuellement sur le marché permet d’extraire du bruit et des interférences, des signaux analogiques inaudibles jusque là. Cette sélectivité permettrait d’envisager une nouvelle vague d’optimisation du spectre FM au cours des 10 prochaines années. La compatibilité mondiale de la radio FM, la simplicité de ses récepteurs, de ses émetteurs et son rapport qualité prix imbattable lui apportent une universalité similaire à celle de l’internet.

La radio en FM a encore de beaux jours devant elle. Elle empruntera progressivement les voies numériques de l'internet fixe et mobile. Coincé entre une radio FM mondiale, et un Internet mondial, et une norme de téléphonie cellulaire mondiale, la radio numérique terrestre T-DMB constitue une émanation temporaire des salons parisiens. Le T-DMB ne mérite donc pas, à mon sens, l’espoir, l’intérêt et la considération des radios associatives et militantes.

lundi 25 août 2008

Pleine lune et énergie photovoltaïque

Je dispose de 30m2 de panneaux photovoltaïques sur le toit d'une maison en Provence. Par beau temps, la puissance délivrée par ces panneaux atteint facilement 2,5kW. Durant la dernière pleine lune, ma curiosité m'a poussé à voir quelle pouvait être la puissance que ces panneaux pouvaient restituer sous l'éclairage de notre satellite préféré.

Résultat : 7 µW soit un affaiblissement de 85dB par rapport à la journée.

Le temps de l'expérience, j'avais éteint le projecteur municipal qui éclairait la place et l'église du village, laissant l'endroit plongé dans l'obscurité "naturelle". Le lampadaire allumé, ce sont 500 µW qui sont restitués par les panneaux, de quoi allumer très faiblement une petite led rouge...

jeudi 31 janvier 2008

Pourquoi la Radio Numérique se passera du standard T-DMB...

A l’heure où la mondialisation s'invite chez nous, une poignée de décideurs français vient de faire, pour la radiodiffusion de demain, sa petite tambouille, selon les méthodes héritées de l'époque où la France dictait à son marché intérieur la façon dont il devait se comporter.

La décision du gouvernement en faveur de la norme DMB (Digital Multimédia Broadcasting), plutôt qu’une autre, ou plutôt qu’aucune norme, résulte d’un processus de concertation au cours duquel les groupes et personnalités fortes de leur fortune, de leur pouvoir, de leurs intérêts personnels ont été assurément écoutés et mieux entendus que les autres. En optant pour un standard sensiblement différent (DMB) de celui adopté par quelques voisins européens (DAB/DAB+), la France refait à la radiodiffusion, le coup (fumant encore) de la norme SECAM qu’elle avait choisie en 1967 pour sa télévision.

En optant pour la norme DMB, le gouvernement a vu le potentiel incroyable de ces postes de radios révolutionnaires made in France qui promettent de doper chaque programme radio d'une image par seconde... Que TF1 se rassure, la diffusion de ces images ne sera pas de la télévision mais plutôt une sorte de diaporama accompagnant le programme radio. Hum. Nous voici revenus aux temps du cinématographe, du Minitel ou du Bi-bop. La diffusion d'images qui caractérise le DMB, se fera au détriment de la bande passante globale occupée par le système, donc au détriment de la pluralité et des nouveaux entrants: la norme DMB remplit ainsi l’objectif des grands réseaux radio français.

Une image par seconde avec le DMB? Nos jeunes poufferont de rire devant un récepteur DMB ou décerneront à ce standard le trophée de la bouffonnerie technologique. Quel avantage trouveront-ils au poste DMB face aux performances d’un téléphone mobile 3G dont certains modèles offrent déjà la connexion à n’importe quelle station de radio du monde entier, accompagné d'images venues de l’internet mobile, de clips et autres stimulis, avec en prime l’interactivité ludique, nomade et marchande?

Quant aux plus vieux, ils ne manqueront pas de se souvenir qu’on leur avait promis publiquement des récepteurs DAB (Digital Audio Broadcasting) en vente à la fnac pour noël 1996. Onze ans après, le loup de la radio numérique révolutionnaire est de retour... Mais faut-il y croire une seconde fois?

Dans l’hypothèse où quelques émetteurs DMB venaient à voir le jour, l’écoute de ces nouvelles diffusions hertziennes serait jalonnée de zones d’ombres. Celles-ci seront alors matérialisées par de vrais silences aux endroits où la FM et son RDS font encore bien le boulot en basculant en mono ou en grésillant. Il est probable que l’infrastructure DMB, qui par construction est condamnée à se déployer ex nihilo, sera victime de l’envol des charges liées à la multiplication des supports de diffusion qui pèsent aujourd’hui sur les éditeurs de programmes radiophoniques.

Vue sous l’angle de l’internet fixe, les habitudes d’écoute de la radio se développent discrètement. Des opérateurs de diffusion live comme CreaCast observent pour certains programmes, une augmentation de l’audience de près de +10% par mois. Une lame de fond se prépare. Amener un programme radio live spécifique pour chacun des 60 millions de français via internet et en qualité CD, nécessiterait une bande passante internet cumulée de 2000 Gigabits/s (=2000000 Megabits/s ou encore 2 Terrabits/s). Cette évaluation amusante, à la limite de l’absurde, aboutit en fait à des ordres de grandeur que manipulent déjà les opérateurs internet et transporteurs de flux de données actuels. A lui seul, le routeur phare de la gamme du constructeur américain Juniper sait aiguiller plus de 1000 Gbit/s de trafics individuels; en 2007, on peut estimer sans trop se tromper que chaque ville de plus de 200000 habitants compte au moins un routeur internet de ce calibre... Le maillage de ces villes sur notre territoire est assuré par des artères optiques composées de dizaines ou centaines de fibres, aptes à transporter des débits situés actuellement entre 40Gbits/s et 5000Gbits/s.

S’agissant de l’internet en mobile, quoiqu’en disent les Wifis et les Wimax, ce seront les opérateurs de téléphonie mobile qui nous serviront l'internet à chaque coin de rue. Cet internet sera à l’image de la puissance de feu technique et économique des opérateurs de téléphonie mobile: une continuité outdoor et indoor inégalée, un maillage et un handover de plus en plus performants. Comme pour l’internet fixe, la facturation de l’internet mobile « à l’accès » (forfait) se substituera à l’actuelle facturation à l’acte (volume ou durée). Pour les constructeurs de téléphones portables, le haut débit en mobile, la 3G et les services media associés constituent, après la téléphonie traditionnelle, la prochaine poule aux œufs d’or... L’évolution actuelle de leurs cours de bourse en témoigne.

Alors qu'aucun émetteur DMB n'a encore été exploité en France et qu'il n'existe pas un récepteur DMB distribué sur le marché européen, on se préoccupe déjà de gérer la pénurie spectrale pour ce nouveau standard. Comment défendre l'espoir de centaines de stations de radios, de jeunes créateurs radiophoniques, de web radios, associatives locales, et de projets de radio alternatifs? Par avance et par calcul, on sait que le système DMB n'en accepterait que quelques unes et à un coût d’insertion locale très supérieur à celui d’un programme national. Pour tenter d’influer sur le résultat de cette loterie, le cirage de pompes des décideurs, les danses du ventre des syndicats, et le ballet des lobbies a commencé. Tout le monde se précipite sur la ressource annoncée avec un espoir démesuré. La majeure partie des projets pluralistes, inédits et originaux sera écartée du spectacle hertzien nouvellement promu. Les quelques projets réellement indépendants qui réussiront à tirer leur épingle du jeu se compteront sur les doigts d'une main et serviront de cache sexe. Ils seront dépouillés par les investissements qu’auront engendré leur espérance, avant même d’accéder au statut «on air», puis ils seront « rachetés » ou « récupérés »... en vingt ans de radio on connaît bien la chanson, c’est un tube.

Les grands groupes, forcément initiés, se partageront l’essentiel du gâteau. Les voilà à la manœuvre pour pouvoir opérer les futurs multiplex DMB. Chaque groupe radio parisien actuel aura bien pris soin de proposer une multitude de programmes thématiques "très originaux", "tout à fait inédits", "bien clean" fabriqués en quelques clics grâce à des systèmes de radio-automation, qui seront concentrés sur quelques mètres carrés. Là aussi, on joue un air déjà connu.

Entre la décision d'un gouvernement qui croit encore influer sur l’avenir des médias, et la décision du marché, quiconque est en mesure de deviner laquelle l’emportera, tout compte fait. L'internet comme vecteur pour la radio de demain (numérique évidemment), ce sera assurément le choix de nombreuses stations de radios, à l'instar de ces artistes connus et inconnus qui abandonnent leurs maisons de disques devenues « has been » pour se vendre, « en direct », sur la toile. En fait, l’internaute, libre dans ses choix, fait exploser progressivement les concepts de « distribution » et de « diffusion », tant sous l’angle technique que commercial. A la maison, sur son mobile, dans sa voiture, dans les transports en commun, la formidable ubiquité de la radio épousera celle naissante de l'internet mobile. La radio FM trouvera ainsi son digne successeur dans des formats qui seront dessinés par les créateurs radiophoniques de demain.

En 100 ans, nous serons passés d'une diffusion radio nationale monolithique de masse (grandes ondes) à une diffusion multiforme individuelle, personnalisée et interactive. Dans un monde où la liberté de l’individu prime, il s’agit d’une tendance irréversible.

Les 10 ans à venir seront les années de construction de l'internet mobile et de l’internet « medias ». Tous les fournisseurs d’accès internet ont ouvert leurs portails de programmes radio en ligne que l’on écoute sous une forme ou sous une autre. Baracoda, Medion, Terratec, Sonos, Philips, Sagem, sont autant de constructeurs qui proposent depuis quelques mois des « transistors wifi » pour la maison et des services pionniers en la matière. Ils sont d’ores et déjà relayés par les Nokia et autres fabricants d'équipements de téléphonie et de connectivité hyper nomades dont les applications font émerger, depuis peu, des solutions pour l’écoute de la radio par flux sur internet. Toutes ces solutions favorisent la déferlante de flux « unicast » éliminant progressivement les candidats techniques privilégiant les techniques broadcast ou multicast. Et pour finir, l’internet nous réserve son joker technique: IPV6; une révolution de protocole et des mesures au service de l’ubiquité et de l’individualité des terminaux.

Le gouvernement français a tenté de réduire la Radio Numérique en l’associant au standard DMB qu’il vient de retenir. Heureusement, personne ne sera dans l’obligation d’adopter ce standard car l’internet émet déjà la Radio en Numérique dans le monde entier et les programmes radios inédits, originaux et pluralistes y sont déjà avec tous les autres d’ailleurs.

mardi 10 septembre 1996

Le DAB terrestre est un «délire» technologique

Mon point de vue sur la radio numérique (DAB), à l'époque, recueilli par Yvon AVENEL pour Electronique International en septembre 1996, illustre avec toujours autant d'actualité la problématique d'une technologie qui tarde à aboutir...

Le DAB terrestre est un «délire» technologique

Gilles MISSLIN, PDG de la société AZTEC (STRASBOURG), estime que les gains en qualité sonore offerts par le DAB (Digital Audio Broadcasting) terrestre sont insuffisants pour concurrencer la FM. « Celle-ci, par contre, peut encore beaucoup s'améliorer ».

YA Le CSA vient de lancer un appel à candidatures aux futurs opérateurs de réseaux DAB. L'exploitation de ces futurs réseaux audionumériques pourrait débuter dans quelques mois et concurrencer les émissions FM. Certains de vos concurrents dans le domaine de la FM s'apprêtent à suivre le mouvement. Vous, pas. Pourquoi.?

GM Nous n'avons pas c'est vrai l'intention d'être acteurs dans le domaine du DAB. Nous entendons, au contraire, nous concentrer sur le marché des équipements d'émission et de réception FM, et notamment sur celui de leur renouvellement. Je crois en effet beaucoup plus aux potentiels de la radiodiffusion FM pour exploiter des applications inédites dans le domaine de la culture, de l'information et améliorer le confort d'écoute qu'aux avantages incertains du DAB. Pour moi, le DAB est en phase de « délire technologique » car il s'est construit hors de toute prise en considération du contenu des programmes qu'il allait permettre de transmettre. Voilà cinq ans que la technologie existe, et les récepteurs grand public ne sont toujours pas là. Je ne vois pas bien pour quelles raisons le marché pourrait subitement décoller aujourd'hui.

YA Le DAB offre tout de même une qualité d’écoute supérieure à celle de la FM....

GM En labo, oui. Mais là où la radio est habituellement écoutée, en voiture avec un niveau de bruit ambiant de 60dB, ou dans une cuisine, c'est bien différent. En réalité le DAB n'offre pas d'avantages palpables susceptibles de provoquer une adhésion massive du public, comme ce fut le cas avec le disque compact face au vinyle, ou avec le GSM, venu en complément du téléphone classique. Bien sûr, on peut mettre en avant les avantages objectifs du procédé, mais on ne sait pas en trouver de déclinaison subjective, la part séduisante du rêve la seule qui compte en ce domaine. On nous parle de bits par seconde, de fréquence d'échantillonnage, de compression de données, en oubliant les points essentiels de la radiodiffusion : le programme, le format de la station d'émission. Je suis convaincu que la maîtrise de la technologie n'est pas une condition suffisante pour engendrer, dans ce domaine, un marché grand public. Nous illustrerons très certainement dans les prochains mois cette conviction avec des partenaires de premier plan et l'annonce d'un projet porteur d'un nouveau « format » de station de radio FM à grande échelle, qui mettra en avant des contenus de programmes d'un nouveau style et non la technologique de transport employée.

YA Mais le DAB pourrait aussi servir de support à des applications nouvelles, comme la diffusion de données ou d'images...

GM Ces «explorations» sur d'éventuelles applications nouvelles trahissent bien l'errance dans laquelle se trouve aujourd'hui le DAB terrestre. On a le «tuyau»; il a coûté très cher et on cherche maintenant ce que l'on pourrait bien faire passer dedans: des images, du multimédia! Tout a été monté à l'envers. S'il existait des applications de diffusion de données «juteuses», celles-ci seraient déjà en exploitation ou en test avec le RDS ou avec le système Swift/Darc. Il ne faut pas oublier, en outre, que le DAB est un système de radiodiffusion: il ne dispose pas de voie de retour de données. Ce type de procédé ne résistera pas à la concurrence des systèmes de transmission de données bidirectionnels ou d'images comme ceux offerts par la téléphonie cellulaire ou ceux qui sont en passe de se développer sur Internet. Deuxième point : les avantages, les gains objectifs en qualité sonore et en confort d'écoute que procure le DAB terrestre seront peu à peu rattrapés par les progrès continuels des techniques du traitement numérique du signal appliqués à la FM synchrone ou « isofréquence », au traitement du signal sonore et aux procédés d'émission et de réception FM.

YA Le DAB n'aurait-il donc aucun avenir ?

GM Je ne veux parier ni sur l 'échec ni sur le succès du DAB. Quoi qu'il arrive, son utilisation en double emploi avec la FM le disqualifie. Mais il y a encore d'autres raisons qui militent contre lui. Qui paiera en effet les réseaux d'émissions terrestres qu'il va réclamer lorsqu'on sait qu'ils devront être cinq fois plus denses que ceux de la FM (une portée de l'ordre de 10 Km contre 50 pour la FM) ? Qui prendra le risque d'un succès national si ce ne sont les opérateurs institutionnels tels TDF ou Radio France, avec à la clé l'éventualité d'un échec à l'échelle internationale comme cela s'est déjà produit avec le D2 MAC ? A cela s'ajoute la réticence des Américains vis-à-vis de ce système européen. L'imposer sans eux présente des risques d'échecs cuisants et d'investissements à fonds perdus. Enfin, j'ai la conviction qu'avant même que le DAB terrestre ne se développe, le DAB par satellite, avec des applications d'une autre ampleur et des programmes d'un genre nouveau, s'imposera naturellement et tuera du même coup son homologue terrestre dans l'oeuf.